lundi 3 février 2014

Claire RABAUTE



1. Quel est votre parcours professionnel ?

1997-2000                Orthoptiste libérale à Cherbourg
2000-2001                Collaboratrice libérale à Grand Quevilly
2001-2004                Orthoptiste salariée chez un ophtalmo à Saumur
Depuis 2004             Orthoptiste au CHU d'Angers

2. Pouvez-vous nous présenter votre dernier travail de recherche (en cours ou terminé) ?

J'ai récemment participé à une recherche, menée par un interne en ophtalmologie, dans le cadre de sa thèse sur l'étude des mouvements oculaires de patients glaucomateux pré-périmétriques. Pour ce travail de recherche, j'ai réalisé le screening et l'enregistrement de la vidéo-oculographie de la population de témoins.

Dans un cadre professionnel plus centré sur l'analyse de mon activité, j'ai élaboré un projet de recherche en orthoptie qui porte sur la faisabilité d'une vidéo-oculographie chez les patients atteints de la maladie de Huntington. Nous sommes partis du postulat que les mouvements oculaires se modifient au cours de l'évolution de la maladie de Huntington. L'hypothèse de ce travail est de savoir s'il serait possible de faire un enregistrement oculographique de ces patients et d'obtenir ainsi des données supplémentaires de suivi pour le neurologue.

4. Pourquoi vous êtes-vous investi dans la recherche en soins ?

Mon investissement dans la recherche en soin a pour objectif principal d'apporter une dimension scientifique à la pratique clinique.

5. Pourquoi avez-vous choisi la voie de la recherche en soins ? Est-ce quelque chose qui vous a toujours tenté ou bien est-ce qu'une rencontre a été déterminante dans votre vie ?

C’est l’arrivée de mon chef de service le Professeur Dan Miléa qui a déclenché ma curiosité pour la recherche, et particulièrement la recherche en soins. On peut donc dire que cette rencontre a été déterminante. Avant cela, je participais déjà de manière très ponctuelle à des protocoles de recherches industriels au sein de mon service.

6. Etre chercheur et professionnel de santé, cela doit donner un emploi du temps chargé : pouvez-vous nous en donner un aperçu ?

Il ne faut effectivement pas compter ses heures de travail, mais quand le projet est stimulant, les efforts sont d’autant plus faciles à faire.
Le projet de recherche ne nous occupe pas à 100% du temps de travail au CHU. Les besoins sont ponctuels et il faut pouvoir se détacher de sa tâche de soignant. Dans une équipe, la compréhension de nos collègues directs est capitale.
Actuellement je dispose d’une à deux demi-journées pendant lesquelles je peux avancer mon propre projet de recherche mais également aider d’autres projets en cours dans le service.
Le reste du temps, j’exerce mon métier d’orthoptiste mais avec le risque d’être sollicitée régulièrement pour des questions plus cliniques.

… Et puis, en plus de tout cela, il ne faut pas oublier le temps passé à lire des articles scientifiques sur les bases de données telles que PubMed.

7. Pensez-vous que la recherche en soins prend aujourd’hui un tournant ?

J’espère... Je pense que oui, à ma propre échelle au CHU d’Angers. Je n’ai malheureusement pas de vue globale nationale.

8. Aujourd’hui, vous sentez-vous reconnue en tant que chercheur en soins ? Pourquoi ?

Pas encore. Mon projet est accepté à l’appel d’offre du CHU mais n’a pas encore démarré.

9. Pensez-vous que la recherche en soins gagnerait à être plus médiatisée en France ?

Certainement ! Il faut aussi que nous prenions soin de divulguer l’information aux jeunes arrivants dans nos services.

10. Les moyens dont vous disposez vous semblent-ils suffisant ? Adaptés ?

Pour le moment oui, mais surtout grâce à un réseau de connaissances qui m’épaule dans mon projet.
La motivation des chercheurs participe à créer ce réseau et je compte aussi sur la Maison de la Recherche du CHU d'Angers pour guider les plus jeunes avec moins d’expérience.

11. Que souhaiteriez-vous voir développer pour soutenir vos travaux ?

La communication sur les projets en cours pourrait permettre une meilleure compréhension de l’intérêt de la recherche qui parfois semble obscure pour certains.

12. Quels sont les freins les plus forts auxquels vous avez du faire face ?

Le poids des démarches administratives liés à la mise en œuvre de ce type de projet !
Le nombre de démarches est important et il faut pouvoir se dégager afin de les préparer et de s'y soumettre. Toutes ces autorisations et demandes de déplacements nécessitent d'être entouré de cadres de santé compréhensifs et bienveillants… La dynamique enclenchée au CHU d'Angers va sans nulle doute permettre aux mentalités de tous d'évoluer pour permettre un soutien plus marqué aux investigateurs paramédicaux de projets de recherche.

13. Travaillez-vous en réseau ?

Pas personnellement.

14. Quels sont vos projets dans le domaine de la recherche en soins ?

Pousser mes jeunes collègues motivés par le travail en CHU à développer la recherche en soin, à monter des projets…à chercher des idées

15. Avez-vous participé aux 1ères journées Francophones de la recherche en soins ? Qu’en avez-vous retiré ? Une suggestion pour la prochaine édition ?

Malheureusement non ! La spécificité de mon poste et l'organisation du service n'ont pas permis que je puisse me libérer. J’ai trouvé cela regrettable alors que j’étais porteuse d’un projet.

16.  Le mot de la fin…

La recherche est un excellent stimulant intellectuel !
Il faut montrer l’exemple aux jeunes et leur donner envie…

Aucun commentaire:

Publier un commentaire